Les progrès sont les mêmes qu'à Cornas, ce sont les mêmes vignerons ! De superbes vins blancs, principalement à partir de cépage marsanne, avec parfois une note de pierre à fusil ou une pointe anisée. Ne les cantonnez pas à l'apéritif, la plupart des cuvées sauront se tenir à table...
Comme Condrieu, Saint-Péray est une appellation du Rhône nord uniquement plantée en cépage blanc, et l'une des plus petites. Reconnue en 1936, elle a connu une gloire ancienne : dès les années 1820, on y met au point un vin effervescent en méthode traditionnelle, qui séduira les cours d'Europe, des tsars de Russie à la reine Victoria, au point qu'une grande part de la production partait alors à l'export. L'effervescent n'est plus aujourd'hui qu'une petite partie des volumes, mais il perdure. Le secret des grands blancs secs tient au calcaire du massif de Crussol autant qu'au granite, et à un microclimat plus frais que le voisin Cornas.
Le blanc reste ici très abordable : les tarifs vont de 23 à 40 €, un des meilleurs rapports plaisir du Rhône nord. La marsanne domine largement, parfois complétée de roussanne. Les millésimes 2023 et 2024 forment le cœur de la cave. À boire jeune sur la fraîcheur, les plus belles cuvées tenant cinq à dix ans, parfois davantage : ce sont de vrais vins de table, pas de simples apéritifs. Et il reste une tradition d'effervescent en méthode traditionnelle, dont une cuvée à découvrir.
Neuf domaines, et beaucoup de visages connus de Cornas : ce sont souvent les mêmes vignerons qui travaillent les deux appellations. Le Domaine du Tunnel de Stéphane Robert, le Domaine Johann Michel, le Domaine Alain Voge (en biodynamie) et Alain et Emmanuelle Verset signent ici de superbes blancs de marsanne. Chaboud-Cellier reste l'un des rares gardiens de l'effervescent historique. Julien Pilon, François Villard et sa cuvée longuement élevée, Laurent Fayolle et Tardieu-Laurent complètent la sélection.