Le royaume du viognier, qui excelle sur des coteaux et des terrasses escarpés. Une petite appellation qui avait aussi failli disparaitre, et un cépage qui mûrit vite. Le Condrieu a l’image d’un vin à déguster sur sa jeunesse, mais arrive à se conserver plusieurs années en se bonifiant si son acidité est suffisante : j’en ai goûté d’excellents avec une vingtaine d’années. Il n’y avait alors plus ni violette ni abricot ! Cette « mauvaise réputation » vient aussi des moelleux, qui auparavant repartaient facilement en fermentation mais les techniques vinicoles ont évolué.
Vendangé maintenant un peu plus tôt, il y a une recherche de fraicheur et de finesse chez la plupart des producteurs de Condrieu, même si les bouches restent toujours rondes et parfumées.
Condrieu est en blanc alors que Côte rôtie est en rouge, mais les difficultés de travail sont les mêmes et les tarifs ont tendance à démarrer au même niveau : autour de 40€. Certaines cuvées sont bien plus chères, Coteau de Vernon du domaine Georges Vernay est la référence et c’est un grand vin, complexe et racé.
On trouvera un peu de fraicheur sur des millésimes pas trop chauds, comme 2024, mais les vins ne sont jamais écrasés par le soleil. Et il y a moins d’écarts d’un millésime à l’autre, comme souvent en blanc : les raisins sont pressés et seuls les jus fermentent.
Après Georges Vernay et ses cuvées emblématiques, Guigal a une Doriane travaillée avec de l’ampleur et un élevage sous bois, même s’il est maintenant plus discret. Et la plupart des producteurs ont une cuvée de Condrieu, pour proposer aussi un blanc.
Yves Cuilleron et François Villard ont toujours eu des Condrieu expressifs et déclinés en plusieurs cuvées, Christophe Pichon a une gamme complète de Condrieu et Pierre-Jean Villa trouve la finesse à chaque millésime. Les jeunes vignerons évoluent dans une recherche de délicatesse, en assumant la rondeur du cépage. Découvrez également Julien et Graeme et Julie Bott notamment.