Les Collines Rhôdaniennes, c'est l'IGP du Rhône septentrional : un cadre plus libre que les appellations, qui court sur les coteaux des deux rives du fleuve, du sud de Lyon jusqu'à la Drôme et l'Ardèche. Les vignerons y signent ce que les AOC n'admettent pas, jeunes vignes, parcelles hors aire, cépages moins conventionnels, même si le plus souvent en syrah ou en viognier. Née comme vin de pays en 1981, devenue IGP en 2009, elle a longtemps été la porte d'entrée du nord.
Mais ce serait réducteur de n'y voir que du petit vin. C'est aussi ici, faute d'appellation, que renaît le vignoble antique de Seyssuel, sur la rive gauche face à Vienne, avec des syrahs d'un tout autre calibre. L'IGP, chez les grands vignerons du nord, ce n'est donc pas forcément l'entrée de gamme : c'est parfois le terrain d'expériences les plus ambitieuses.
Comptez de 21 à 47 € : souvent le moyen le plus abordable de goûter la patte d'un grand vigneron du nord, sur des vins de plaisir immédiat, à boire jeunes, sur le fruit. Les millésimes 2022 à 2024 dominent la cave. Les cuvées de Seyssuel, elles, jouent dans une autre cour et savent vieillir.
De belles signatures pour une IGP. Les Vins de Vienne, fondés en 1996 par Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard, ont ressuscité le coteau de Seyssuel et y produisent des syrahs remarquables. Pierre Gaillard, l'un des trois, y décline aussi son savoir-faire, tout comme Jean-Luc Jamet, dont la syrah des Collines est la porte d'entrée dans son univers de Côte-Rôtie. Pierre-Jean Villa, avec sa cuvée de viognier, et le jeune Domaine Graeme et Julie Bott complètent une sélection étonnamment relevée.