L'appellation la plus hétérogène, avec des côteaux et des plaines, des sols argilo-calcaires et des galets roulés, également la plus étendue du rhône nord. Le travail est plus facile donc les vins aussi ?
Pourtant certains vignerons font des vins authentiques, avec du charme et de la profondeur. Et ce malgré la grêle qui chaque année frappe une partie de l'appellation !
Reconnue dès 1937, Crozes-Hermitage est la plus vaste appellation du Rhône nord, et sans doute la plus contrastée : au nord, autour de Gervans, des coteaux de granite ; au sud, le grand plateau des Chassis, tapissé de galets roulés hérités des glaciers, cousins de ceux de Châteauneuf. Longtemps regardée de haut, elle a changé de statut dans les années 1980, quand Alain Graillot est venu y prouver, sans esbroufe, qu'on pouvait en tirer de grands vins. Depuis, une génération de vignerons en bio et en biodynamie a pris le relais.
C'est le Rhône nord le plus accessible : de belles bouteilles dès 21 €, l'essentiel de la sélection sous 40 €, jusqu'à une cinquantaine d'euros pour les cuvées de prestige. La syrah y règne, seule autorisée en rouge ; les blancs, de marsanne et de roussanne, restent plus rares mais à découvrir. Les millésimes 2022 et 2023 forment le cœur de la cave. Un Crozes de plaine se boit volontiers jeune, sur le fruit, dans ses trois à cinq ans ; les cuvées de galets ou de granite, elles, savent attendre bien davantage selon les années.
Alain Graillot reste la référence historique de l'appellation, sur le plateau des Chassis : le domaine, repris par ses fils, a ouvert la voie. Son fils Maxime signe de son côté le Domaine des Lises, plus aérien, égrappé, superbe dans sa jeunesse. Le Domaine Combier et son fameux Clos des Grives sont bio de longue date, aujourd'hui en biodynamie. David Reynaud au Domaine Les Bruyères, en biodynamie également, incarne cette génération qui a fait décoller la qualité. Laurent Fayolle, à Gervans, cultive les granites du nord dans un domaine fondé en 1870, et le Domaine du Colombier complète la sélection.