3,5 hectares en 1987, un géant du Rhône nord aujourd'hui
Quand Yves Cuilleron reprend en 1987 le domaine familial de Chavanay, fondé par son grand-père et longtemps mené par son oncle Antoine, il n'a que 3,5 hectares en Condrieu et en Saint-Joseph. Près de quarante ans plus tard, la maison compte parmi les plus vastes du Rhône nord, autour de quatre-vingt-dix à cent hectares, sans jamais avoir perdu son exigence.
Yves Cuilleron est aussi l'un des trois vignerons qui, avec Pierre Gaillard et François Villard, fondent en 1996 Les Vins de Vienne pour faire renaître le vignoble antique de Seyssuel. Une figure du renouveau de la vallée, toujours aux commandes.
Une main sûre sur six appellations
La force de Cuilleron, c'est l'étendue maîtrisée. Sur six appellations, du Condrieu à la Côte-Rôtie, de Cornas à Saint-Péray, la même précision. Les Condrieu (Les Chaillets, Verlieu) jouent la rondeur sans lourdeur ; en Côte-Rôtie, Bassenon décline la finesse florale de la Côte Blonde quand Bonnivières affiche la puissance de la Côte Brune, taillée pour la garde.
Le domaine ose aussi ce que peu tentent : un Condrieu liquoreux (Essence d'Automne), un Saint-Joseph Serines de vieilles vignes bâti pour la garde, et de superbes blancs de marsanne et de roussanne. Le style revendiqué, une « viticulture haute couture », se lit dans le détail de chaque cuvée.
Les cépages oubliés, sa signature à part
La signature la plus attachante d'Yves Cuilleron, ce sont peut-être ses cépages oubliés : en Vin de France, il fait revivre de vieilles variétés du Rhône et des Alpes (Bia, Crenillat, Mondeuse blanche, Verdesse), des blancs étonnants, précis et faciles à aimer. Pour découvrir la maison, on peut commencer par là, ou par un Condrieu ; pour la garde, on vise la Côte-Rôtie et le Saint-Joseph Serines. Une valeur sûre, à tous les prix.

















