Une dynastie de Châteauneuf
Chez les Bonneau, on fait du vin à Châteauneuf-du-Pape depuis 1667 : douze générations sur un domaine resté minuscule, environ six hectares et demi. Henri Bonneau (1938-2016), qui signe son premier millésime en 1956, en a fait l'un des noms les plus légendaires de l'appellation — on le cite volontiers aux côtés de Rayas. Depuis son décès au printemps 2016, rien n’a changé et la même équipe poursuit le travail dans le même esprit.
La production est infime et les bouteilles très recherchées : on ne tombe pas sur un Bonneau par hasard, on l'attend. C'est l'une des références les plus suivies du Châteauneuf traditionnel, et l'une des plus rares.
Des vins faits pour le temps
Tout se fait à l'ancienne, sur des rendements minuscules (autour de 10 hl/ha) : vendange à la main, fermentations en grappes entières et levures indigènes en cuves de béton, puis des élevages d'une longueur rare en vieux foudres et barriques, quatre à dix ans selon la cuvée et le millésime. Le cépage roi est le grenache, quasiment exclusif. Le résultat, ce sont des Châteauneuf de très longue garde, qu'il faut savoir attendre.
La gamme se lit comme une montée en puissance après un « simple » Châteauneuf du Pape, sans nom. La cuvée Marie Beurrier ouvre vraiment le bal, presque aussi aboutie que la suivante, pour un prix sensiblement plus doux.
La Réserve des Célestins est le sommet de la maison, un vin réputé, majestueux, et une sélection sur la complexité et le potentiel.
Plus confidentielle encore, la **Cuvée Spéciale** n'a quasiment jamais vu le jour : seulement deux millésimes restés mythiques, 1990 et 1998, nés de barriques qui avaient besoin d’une longue fermentation destinées aux Célestins. Enfin, Les Rouliers offrent une porte d'entrée plus accessible, un Vin de France confondu régulièrement avec un Châteauneuf du Pape. Rareté et prix élevés vont de pair, des bouteilles de collection autant que de plaisir.
