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Des foires aux vins

Les foires aux vins : d’où ça vient, et qu’est-ce que c’est devenu ? Chaque année, à la même période, les mêmes affiches fleurissent sur les vitrines et dans les…

Les foires aux vins : d’où ça vient, et qu’est-ce que c’est devenu ?

Chaque année, à la même période, les mêmes affiches fleurissent sur les vitrines et dans les boîtes aux lettres : « foire aux vins ». On y pense rarement, mais le mot « foire » raconte déjà une histoire à lui tout seul… et elle est beaucoup plus vieille qu’un prospectus de supermarché.

Une histoire qui commence bien avant le vin

Les foires, au sens propre, sont un vieux mécanisme commercial : des rassemblements périodiques où marchands et producteurs venaient vendre ce qu’ils avaient à écouler, souvent calés sur le calendrier religieux ou sur les récoltes. Le vin y avait naturellement sa place, au milieu du bétail, des tissus et des épices, parce que c’était un produit qui se transportait, se stockait, et surtout se vendait en quantité au moment où les cuves se libéraient.

Rien à voir, donc, avec l’événement commercial ciblé qu’on connaît aujourd’hui. La foire, à l’origine, n’était pas pensée pour le vin : le vin en profitait.

La foire aux vins telle qu’on la connaît : une invention récente

Ce qu’on appelle aujourd’hui « la foire aux vins » est un phénomène beaucoup plus jeune, né en France dans les grandes surfaces à partir des années 1970. L’idée était simple : concentrer sur quelques semaines, généralement en septembre, une offre massive à prix cassés, pour remplir les caves des particuliers avant l’automne et l’hiver, la période où on reçoit, où on cuisine plus, où on ouvre plus de bouteilles.

Le timing n’est pas un hasard : c’est aussi le moment où les nouveaux millésimes arrivent, où les stocks doivent tourner, et où les metteurs en marché ont besoin de volume. Pour les enseignes, c’est devenu un rendez-vous commercial majeur de l’année, presque plus stratégique que les soldes classiques.

De l’écoulement de volume à… un peu plus de sérieux

Pendant longtemps, la foire aux vins a eu une réputation contrastée : beaucoup de volume, des cuvées parfois créées spécialement pour l’occasion, et une lisibilité pas toujours évidente pour l’acheteur. Difficile de savoir si le prix cassé cachait une vraie bonne affaire ou un vin taillé pour l’événement, sans grand intérêt une fois la bouteille ouverte.

Avec le temps, la donne a un peu changé. La présence de guides et de critiques (dégustations à l’aveugle, sélections publiées avant l’événement) a poussé les enseignes à muscler leur offre, avec de vrais crus, parfois des appellations reconnues à des prix qui, sur ce coup-là, ont un sens. On y trouve aujourd’hui un mélange : du vin de consommation courante à côté de bouteilles qui méritent clairement d’être mises en cave.

Et maintenant ?

Aujourd’hui, la foire aux vins n’est plus l’exclusivité des grandes surfaces. Les cavistes indépendants, les sites en ligne, organisent aussi leurs propres temps forts sur la même période, avec une approche différente : moins de volume, plus de sélection, et souvent la possibilité d’avoir un vrai conseil derrière la bouteille plutôt qu’une étiquette jaune sur un linéaire.

Pour l’acheteur, ça reste une bonne fenêtre… à condition de ne pas se laisser hypnotiser par le prix barré. Une foire aux vins, c’est intéressant quand elle permet d’accéder à des cuvées qu’on ne trouve pas facilement le reste de l’année, ou à des prix qui, sur une bouteille à garder, font vraiment la différence sur la durée. Le reste du temps, mieux vaut se fier à ce qu’on connaît du domaine qu’à la promesse d’une remise.

C’est peut-être ça, la vraie évolution : d’un rendez-vous de déstockage, la foire aux vins est devenue une occasion, à condition de savoir ce qu’on achète.

Chez Cave Coste, une autre manière de faire le geste

On n’a jamais vraiment joué la carte de la foire aux vins classique : le volume et le prix cassé ne sont pas notre terrain. Mais l’envie de faire un geste au bon moment, elle, reste légitime. Je vous propose des paniers thématiques : des petits lots construits autour d’un fil conducteur (une appellation, un profil de vin, une occasion à fêter…) et proposés avec une remise, plutôt qu’un empilement de références sans lien entre elles. De quoi garder l’esprit sélection, sans jouer le jeu du prix pour le prix.

Jean-Louis, caviste de la Cave Coste
Écrit par
Jean-Louis, caviste

Depuis sa cave de Tournon-sur-Rhône, il choisit, goûte et raconte les vins de la vallée du Rhône. Une conviction : un bon conseil vaut mieux qu'une belle étiquette.

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